Litiges frontaliers

Après la fin de l'impérialisme japonais, plusieurs litiges frontaliers historiques perdurent :

Expansion de l'empire du Japon de 1870 à 1942.

les îles Kouriles méridionales russes, appelées Minami-Chishima au Japon et revendiquées sous le nom de Territoires du Nord, les rochers Liancourt coréens, appelés Dokdo en Corée, revendiqués par le Japon sous le nom de Takeshima[15], les îles Senkaku japonaises, revendiquées par la Chine et Taïwan sous le nom de Diàoyútái Qúndǎo[16], la Zone économique exclusive (4 470 000 km2)[17], de l'« île » japonaise Okinotori-shima, contestée par la Chine. Sakhaline et les îles Kouriles modifier

Frontières des îles Kouriles. Sakhaline, Karafuto (樺太?) en japonais, et les îles Kouriles, Chishima rettō (千島列島?) en japonais, sont respectivement une île et un archipel situés au nord de Hokkaidō, au large de la Sibérie et au sud du Kamtchatka, entourant la mer d'Okhotsk.

L'île est longue et étroite et sépare la péninsule de Corée et du Kamtchatka[18].

Estimant que Sakhaline était une extension à la fois culturelle et géographique de Hokkaidō, les Japonais proclamèrent leur souveraineté sur l'ensemble de l'île ainsi que sur l'archipel des Kouriles en 1845. En 1855, le Japon et la Russie signèrent le traité de Shimoda, déclarant que les deux nations pouvaient occuper l'île, les Russes s'installant au nord et les Japonais au sud, sans qu'une frontière ne soit précisément tracée. Le traité plaça cependant la frontière dans les îles Kouriles au niveau du chenal séparant les îles d'Itouroup et d'Ouroup, l'empire russe reconnaissant la souveraineté du Japon sur les îles méridionales Chikotan, Habomai, Kounachir (Kunashiri) et Iturup (Etorofu), ensemble appelé Minami-Chishima (南千島?, « Chishima du Sud »).

En 1875, à la suite de la signature du traité de Saint-Pétersbourg, les Japonais cédèrent le Sud de l'île Sakhaline aux Russes et eurent en échange la souveraineté sur toutes les îles Kouriles. En 1905, à la fin de la guerre russo-japonaise, les Russes et les Japonais signèrent aux États-Unis le traité de Portsmouth. Par cet accord, le Japon récupérait la partie sud de Sakhaline, tandis que la Russie conservait les trois cinquièmes nord de celle-ci. La frontière entre les deux pays était fixée le long du 50e parallèle nord.

Sakhaline et les îles Kouriles furent annexée en 1945 par Staline et rattachée à l'URSS. L'Armée rouge débuta l'attaque de Sakhaline le 11 août 1945, et celle des îles Kouriles le 18, soit respectivement quatre jours avant et trois jours après la capitulation japonaise. La conquête de Sakhaline se termina le 25 août 1945, celle des îles Kouriles le 1er septembre.

Il n'y a pas eu de traité de paix entre l’Union soviétique et le Japon à la suite de la Seconde Guerre mondiale, et bien que le Japon ait renoncé à tous ses droits sur les îles Kouriles par le traité de San Francisco, l’Union soviétique a refusé de signer ce traité mettant fin à la période d’occupation américaine et restaurant l’administration japonaise sur son territoire.

L'ensemble des Kouriles fait aujourd'hui partie de la fédération de Russie, plus précisément de l'oblast de Sakhaline. Le Japon réclame les quatre îles Kouriles les plus méridionales, soit un tiers de la surface totale, selon la frontière fixée par le traité de Shimoda, et arguant du fait que le traité de San Francisco de 1951 ne précise pas quelles îles exactement comprend la dénomination d'îles Kouriles et n'a pas été contresigné par l'URSS.

Le gouvernement nippon considère que les quatre îles qu'il revendique sont des extensions de Hokkaidō, et les appelle « territoire du nord » (北方領土, hoppō ryōdo?). En revanche, il ne revendique pas la frontière du traité russo-japonais de 1875 incluant les îles du Nord, car ce traité considère l'ensemble des Kouriles comme un territoire unique (alors placé sous administration japonaise). La Russie, comme le faisait auparavant l'URSS, se réfère pour sa part au traité de San Francisco et considère que le renoncement japonais concerne bien l'ensemble de l'archipel.

Les rochers Liancourt

Les rochers Liancourt en rose. Les rochers Liancourt, Dokdo (독도) en coréen et Take-shima (竹島?) en japonais, sont un petit groupe d'îlots situé en mer du Japon (mer de l'Est), possession sud-coréenne mais dont la souveraineté est contestée par le Japon. Ils sont aujourd'hui rattachés administrativement à l'île d'Ulleungdo, distante de 87 km, dans la région du Gyeongsang du Nord. Le Japon considère que ce groupe d'îlots, annexé en 1905, fait toujours partie de son territoire, et le rattache au bourg d'Okinoshima dans l'archipel Oki (préfecture de Shimane), distant de 157 km.

Il s'appuie pour cela sur l’omission des Rochers Liancourt dans le traité de San Francisco signé en 1951, arguant qu'il représente la fixation définitive de son territoire (Jeju-do, Ulleungdo et Geomundo sont ainsi rendus à la Corée du Sud). Selon la Corée du Sud, les îles mentionnées dans le traité ne sont que des exemples et non une liste exhaustive en regard du grand nombre des îles entourant la péninsule coréenne. De plus, les directives du Commandant suprême des forces alliées (SCAPIN) no 677, intitulées « Mémorandum concernant les séparations gouvernementale et administrative de certaines zones du Japon » et datées du 29 janvier 1946, envoyées au gouvernement japonais en application de l’acte de soumission, excluaient les rochers Liancourt du territoire japonais.

Les îles Senkaku et Okinotori

Les îles Senkaku (尖閣諸島, Senkaku-shotō?), appelées en chinois îles Diaoyutai (chinois simplifié : 钓鱼岛群岛 ; chinois traditionnel : 釣魚台群島 ; pinyin : Diàoyútái Qúndǎo), se situent au nord-est de Taïwan et au sud-ouest d'Okinawa Hontō, dans la mer de Chine orientale. Cet archipel inhabité est contrôlé par le Japon depuis 1895 et le traité de Shimonoseki, mais est revendiqué par la république de Chine (Taïwan), ainsi que par la république populaire de Chine. Après la Seconde Guerre mondiale, à la fin de l'occupation du Japon par les États-Unis (1945-1952), Taïwan est reconnu indépendant par le traité de San Francisco (1951), mais pas les îles Senkaku qui sont occupées jusqu'en 1972, avant d'être rendues au Japon avec les îles Ryūkyū[19]. Administrativement, ces îles dépendent de la ville d'Ishigaki sur l'île éponyme, dans la préfecture d'Okinawa. Géographiquement, elles font partie de l'archipel Sakishima, avec les îles Yaeyama et Miyako (plus au sud), et donc des îles Ryūkyū.

L'île Oki-no-tori (沖ノ鳥島, Okinotori-shima?) est un atoll japonais situé à 1 740 km de Tokyo, au milieu de la mer des Philippines. L'atoll est le point le plus au sud du Japon, et fait officiellement partie de l'archipel d'Ogasawara (sous-préfecture d'Ogasawara). Si Okinotorishima est considéré comme une île par le Japon, la Chine considère qu'il s'agit uniquement de rochers, et que le Japon ne peut pas établir autour d'eux une zone économique exclusive (ZEE) selon l'article 121 de la convention des Nations unies sur le droit de la mer[20]. Cette ZEE couvre environ 400 000 km2, avec de nombreuses ressources halieutiques et très certainement des gisements minéraux (manganèse, cobalt, lithium)[21].